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Portrait
Eduardo

Accueiltalent eduardo leite
Propos recueillis par Mike Sebaut,
Service Communication - 26.02.16
En charge du pilotage de l'usine Leman Bio Energie à Etoy

Eduardo, 58 ans

Eduardo, en poste depuis 2009, chimiste de profession. Il est en charge du contrôle qualité du biocarburant de l’usine Leman Bio Energie, retour en quelques lignes sur son métier.

En quoi consiste votre métier ?

Je suis en charge du bon fonctionnement de l’usine de biocarburant. je supervise le processus chimique de production jusqu’à la création d’un produit fini qui est le biocarburant.

Je suis également en charge de contrôler les produits réactifs entrant sur le site, comme le méthanol qui est à l’origine de la production du biocarburant.

Mon collègue, à contrario, est en charge de la partie mécanique de l’usine, l’entretien des pompes, vidages des filtres, assemblage des pièces et composantes. Il est en charge de veiller à ce que l’usine puisse produire dans des conditions optimales.

Comment fabrique-t-on du Biocarburant ?

A partir d’huiles de friture. On les traite les huiles via un processus de transestérification pour en faire du biocarburant. Ce processus de transestérification est un mot qui peut faire peur ; cela consiste à enlever la glycérine présente dans les huiles, en les remplaçant par du méthanol. Le méthanol est un alcool léger qui nous permet de faire un biocarburant de qualité et consommable dans de nombreux véhicules à motorisation diesel.


Pouvez-vous nous en dire plus sur le processus de transestérification ?

Transtérification : Dans les huiles nous trouvons des glycérides ; les glycérides sont composés d’une molécule de glycérine et de trois molécules d’acide gras, nous enlevons une molécule de glycérine et nous la remplaçons par trois molécules de méthanol, la glycérine étant un alcool très mauvais pour les moteurs.

Dans notre processus de production de biocarburant, notre matière-première doit être la plus sèche possible, il faut être attentif au fait qu’il n’y ait pas d’eau, sinon on risque l’effet chimique de transformation des huiles en savon, la saponification.

Quelles sont les actions mises en place pour éviter que les huiles deviennent du savon ?

Pour éviter la saponification du produit, il faut enlever l’eau présente dans les huiles et veiller à ce que le méthanol ne contienne aucune trace d‘eau. Ma tache est donc de sécher notre produit et d’éviter toute contenance d’eau dans les huiles et dans le méthanol.

On chauffe les huiles, on décante, l’eau est plus lourde que l’huile et l’eau est éliminée. Puis, avec la glycérine qu’on a au préalable enlevé, l’eau est complètement absorbée. C’est une opération simple mais il faut être soigneux dans ce processus. Durant l’ensemble du cycle, il faut contrôler le processus chimique de production mais également du produit fini, à savoir le biocarburant, il en va de la qualité du produit.


La qualité d'huile est importante pour produire un Biocarburant ?

Oui bien sur !
Nous contrôlons les huiles à l’entrée. Si les huiles sont trop odorantes, caractérisées par une forte odeur de friture, c’est qu’il y a trop d’acide gras par rapport à la glycérine. L’huile est odorante parce qu’elle a été trop chauffée par son consommateur ! Ce genre de situation est assez rare souligne Eduardo. Les restaurants ont une obligation de qualité, l’huile doit être changée souvent pour garantir une bonne qualité du produit consommable.

Contrairement aux idées recus, on pourrait penser que les huiles de fast-food sont mauvaises mais elles sont de très bonnes qualités !

« Le contrôle des huiles nous permet de produire un produit respectant les normes en vigueur mais également d’obtenir un biocarburant d’une grande qualité ! »


Comment se passe une journée type chez Leman Bio Energie ?

Il n’y a pas tellement de journée type, on n’est pas assez pour être spécialisé dans une tâche. On commence tôt ! Nous avons un travail d’inspection de l’usine, de contrôle de l’automatisation du processus de production, faire en sorte que tout soit en ordre pour attaquer la journée ! Contrôle de l’usine, contrôle des citernes extérieures, nous devons effectuer un contrôle des éléments inhérents à l’utilisation de l’usine.
Il y a des activités ponctuelles, vider les filtres, nettoyer l’espace huilerie, commander du produit d’entretien, diverses tâches qui peuvent varier en fonction de nos besoins et des besoins de l’usine.

« On met tous la main à la pâte ».


Qu'est-ce qui vous plait dans votre travail ?

J’aime piloter ma machine, même si ça fait bien longtemps que je la manipule… J’aime également entretenir mon outil de travail, l’efficacité et la longévité de la chargeuse dépendent du soin que j’apporte à l’entretien de cette dernière.

« Par ailleurs, nous formons une belle équipe, y compris dans nos rapports avec les chauffeurs de Transvoirie Vaud qui pour certains sont des collègues de longue date, et ça c’est important. »

J’ai également des analyses chimiques à effectuer durant la journée qui me prennent jusqu’à 3 heures de mon temps ! En fonction de ce que me dit l’automate et de l’avancée de la production, je procède à l’analyse du cycle et du produit. Et à 17h ma journée se termine !

Utilisez-vous des instruments, des machines ou des outils particuliers pour exercer votre travail ?

Oui, j’ai un outil particulier, mon outil de base est l’automate de production, j’ajuste mon automate en fonction de la matière à traiter. Puis j’ai ce qu’on appelle un outil de traçage pour effectuer des analyses chimiques, ce qui me permet en amont de paramétrer l’automate.

« Les analyses me permettent également de contrôler le produit fini et de garantir à nos clients un produit de grande qualité. »

J’ai le plaisir d’utiliser des instruments d’analyse pointus !

Quelles améliorations pourraient améliorer vos conditions de travail ?

On connaît bien ce type de métier, on utilise des instruments hors standards et de nouveaux outils nous permettraient d’automatiser certains segments de la chaine de production et donc de gagner du temps. Un plus indéniable pour l’entreprise.


Qu'est-ce qui vous plait le plus dans votre travail ?

Ce qui me plait c’est la chimie ! Je suis passionné par ce domaine. Transformer un déchet en une matière noble ! Cela me plait beaucoup !


Qu'est-ce qui est le plus dur dans votre travail ?

La charge de travail, nous sommes une petite équipe, il y a beaucoup à faire ! Mais nous avons la chance d’avoir une bonne équipe, motivée et solidaire, c’est la condition sinequanone d’une bonne entente et de la réussite !


Quelles études avez-vous fait ?

Je suis ingénieur EPFL en spécialité physique chimique et je suis également ingénieur sécurité SUVA. C’est un diplôme très spécifique à la chimie ! C’est ce qui me permet de travailler chez Leman Bio Energie maintenant !


Les qualités requises pour le poste ?

Beaucoup de patience comme partout ! Il faut surtout être très sensible à la sécurité, on manie des matières dangereuses chaque jour, il faut être prudent. Mais la condition essentielle, il faut impérativement avoir des connaissances en chimie.